La légende de Giens et des îles d’Hyères
🌅 Olbianus, prince des rivages d’Olbia

On raconte qu’en ces temps anciens vivait le prince Olbianus, seigneur de ces rivages baignés de lumière. À ses côtés régnait Dolyg, venue des terres ligures. Ensemble, ils eurent quatre filles dont la beauté semblait avoir été façonnée par les dieux eux-mêmes.
Les habitants disaient que leur rire faisait taire le vent.
🌊 Quatre sœurs libres comme la mer

Les jeunes filles passaient leurs journées entre les criques sauvages, les pinèdes et les eaux transparentes du littoral. Elles nageaient loin au large, libres comme les oiseaux marins, sous le regard attendri de leur père.
Mais un soir d’été, alors que la mer semblait calme, des voiles sombres apparurent à l’horizon.
🏴☠️ Les voiles sombres

Le mistral s’était arrêté. Le silence, aussi soudain qu’inquiétant, glaça Olbianus. Il comprit avant tout le monde : des pirates barbaresques approchaient des côtes.
Depuis le rivage, il cria à ses filles de revenir. Mais déjà les embarcations ennemies gagnaient sur elles.
✨ La prière d’un père
Fou de peur à l’idée de les voir tomber entre les mains des envahisseurs, Olbianus leva les yeux vers le ciel et implora les dieux d’épargner ses enfants.
La mer se figea. Le vent tomba. Et peu à peu, les corps des quatre sœurs devinrent pierre.

🏝️ La Levante, Port-Creux et Porqueirolas
Les trois aînées furent emportées au large et donnèrent naissance aux îles que les anciens nommaient autrefois : La Levante, Port-Creux et Porqueirolas.
Aujourd’hui, nous les connaissons sous les noms de l’île du Levant, Port-Cros et Porquerolles.
🌿 Ariste, la plus jeune des sœurs

La plus jeune, Ariste, demeura plus proche de son père. Son corps figé devint cette terre singulière que les anciens appelaient Tourado d’Engein, aujourd’hui connue sous le nom de presqu’île de Giens.
Depuis les hauteurs de la côte, certains disent encore qu’on peut deviner sa silhouette tournée vers la mer, comme une enfant cherchant à revenir vers les siens.
💧 Les deux sanglots du prince

Mais la légende ne s’arrête pas là.
Olbianus resta des jours entiers face à l’horizon, incapable de quitter des yeux ses filles désormais perdues dans les flots. Et lorsque enfin ses larmes tombèrent dans la mer, deux longues bandes de sable émergèrent lentement des eaux pour rattacher Ariste à la terre.
Les anciens Arbanais affirmaient que les deux tombolos de Giens seraient nés des deux sanglots du vieux prince.

🌬️ Le mistral veille encore
Depuis ce jour, le mistral veille sur les îles d’Hyères.
Et lorsque les lumières du soir embrasent les pins, les rochers et les eaux turquoise de la rade, beaucoup aiment encore croire que ces terres n’ont pas seulement été façonnées par les vents et les courants…
… mais aussi par l’amour d’un père refusant de perdre ses enfants.

📖 Une légende réécrite pour Giens.fr
Cette légende de Giens est une réécriture libre, inspirée des récits attribués à Gustave Roux, conteur provençal, et d’extraits de Mémoire et Patrimoine maritimes d’Yves Michel, consacrés aux traditions et histoires de la presqu’île de Giens.
Elle ne prétend pas figer une vérité historique, mais prolonger une mémoire orale, poétique et profondément attachée à ce territoire.
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